Exprimez-vous !

#21. Davantage de report modal - désaturer le complexe ferroviaire de Perpignan/le Soler

Une question Mixité du trafic (marchandises et voyageurs) Enjeux environnementaux
Réponse publiée Les saturations observées début 2026 au niveau de Perpignan / Le Soler s’expliquent par une forte hausse du trafic sur la ligne Perpignan–Figueras. Entre 2025 et 2026, les sillons demandés ont augmenté d’environ 43 %, notamment en lien avec le développement du réseau côté espagnol et la mise en service de nouveaux terminaux de transport combiné. À plus long terme, l’infrastructure existante ne suffira pas. Les études montrent que le trafic ferroviaire transfrontalier pourrait doubler, voire tripler d’ici 2045, et que les capacités seraient saturées avec la seule phase 1. La phase 2 du projet LNMP vise à créer des capacités supplémentaires entre Béziers et Perpignan, en complément de la ligne existante, pour mieux répartir les circulations. Plusieurs solutions concrètes sont prévues :
- création d’une ligne nouvelle pour déporter une partie des trains longue distance et, dans les variantes mixtes, du fret ;
- section mixte entre Rivesaltes et la ligne Perpignan–Figueras pour assurer la continuité fret vers l’Espagne ;
- réalisation d’un faisceau fret permettant le stationnement, la régulation et le départ groupé des trains ;
- signalisation plus performante permettant de réduire l’espacement entre les trains ;
- possibilité de répartir les circulations entre les lignes (existante et nouvelle) pour éviter les blocages ;
- mise en oeuvre d'évitements Fret aptes aux trains longs pour permettre le dépassement des trains Fret par les TaGV.

Le projet permet aussi de mieux organiser les circulations autour de Perpignan, entre celles qui desservent les sites existants (Le Boulou, Saint-Charles, Cerbère) et celles qui pourront contourner ce secteur. Ces aménagements contribuent à réduire les saturations, mais certains points comme le site du Soler nécessitent aussi des adaptations du réseau existant, menées en parallèle.

Concernant le calendrier, la phase 2 du projet est actuellement en concertation sur l’opportunité du projet et sur ses fonctionnalités. Les étapes suivantes comprendront les études de tracé, une concertation dédiée prévue en 2027, puis les procédures réglementaires et les travaux, pour une mise en service envisagée à l’horizon 2040-2045. Une accélération significative est difficile au regard des études et procédures à mener.
Les événements de janvier 2026 ont mis en lumière la fragilité des flux ferroviaires de marchandises entre la France et l’Espagne. La saturation constatée en gare de Perpignan/le Soler n'est plus une hypothèse de travail, mais une réalité opérationnelle qui paralyse le fret ferroviaire transfrontalier. Avec l’accroissement prévu des trafics, ce blocage ponctuel deviendra un verrou structurel, rendant caduques les ambitions de décarbonation du transport.
Références presse :
• 20 Minutes : www.20minutes.fr/societe/4198736-202...
• France Info : www.franceinfo.fr/economie/le-fret-f...

Interrogations et attentes vis-à-vis du projet LNMP phase 2
Dans ce contexte de crise de fluidité, la crédibilité de la politique de report modal dépend de la fiabilité de l'infrastructure ferroviaire. La Phase 2 de la LNMP ne peut se contenter d'un horizon lointain alors que le point de rupture est déjà atteint.
1. L’infrastructure existante est-elle suffisamment dimensionnée pour contribuer activement au report modal, absorber la croissance des trafics fret (de nouveaux terminaux ont ouverts en Espagne) et garantir une fiabilité des transports transfrontaliers ?
2. Quelles sont les solutions techniques prévues dans la phase 2 de la LNMP pour décongestionner le complexe ferroviaire de Perpignan/Le Soler ?
3. Alors que l’urgence climatique impose un report modal massif de la route vers le rail, comment le projet LNMP phase 2 garantira la continuité et la fluidité des flux fret pour éviter des situations de blocage ?
4. Au regard de la récurrence des saturations, est-il possible d'accélérer le calendrier de réalisation de cette phase ? Si une accélération est jugée impossible, quels sont les obstacles (techniques, fonciers ou financiers) qui contraignent le calendrier actuel, malgré la saturation manifeste constatée ? Pourquoi ne pas accélérer cette séquence pour un report modal fiable et efficace ?